-
Survie ! En territoire sexuel Or donc j’ai fini Emergency, de Neil Strauss (merci à Maryam de guide-de-survie.com). Neil Strauss est l’homme qui a écrit The Game mais vous le savez puisque vous lisez Sexactu (si vous lisez ce billet ailleurs, il a été recopié, grmbl). Emergency parle de comment survivre après un désastre quelconque – tuer et équarrir une chèvre, condenser de l’eau, bricoler un abris, le tout préférablement dans l’ordre inverse.Bref. Imaginons que la troisième guerre mondiale ait lieu : plus d’eau, plus d’électricité, plus d’essence – le retour à Mère Nature (pour les optimistes)… ou le chaos apocalyptique (pour les pessimistes et les scénaristes d’Hollywood, vu que personne n’a envie de mater 90 minutes de hippies devisant sur le nirvana en pressant des olives).Comment on survit en territoire sexuel non balisé ? Et bien je ne sais pas trop, en fait. Ces problématiques ne sont pas abordées dans le livre. Voici une liste sans doute naïve de mes besoins naturels :1) SécuritéSi plein d’hommes profitent du chaos pour violer, ce sera la guerre. Des sexes. Vraiment. Pour dormir comme une souche, il me faudra probablement bâtir un abri discret, m’associer avec des gens compréhensifs et me battre. Donc trouver des armes / en improviser une, être prête à me battre, avoir de bonnes baskets pour filer en courant.2) ContraceptionCeinture de chasteté, je pense. Ou alors placer un fil de cuivre dans un utérus, pour faire stérilet. Mais il faut quand même une lampe de poche et un spéculum. Hmmm. Je sens le truc complexe, là.3) AvortementWikipédia donne une petite liste de plantes abortives. Que je serais bien infoutue de reconnaître dans la nature… sans parler d’avoir accès à Wikipédia.4) Maladies vénériennesLa prévention nécessite d’apprendre à trouver un mouton, le capturer, le tuer, l’ouvrir dans percer les intestins ou la vessie, vider et laver les organes transformables en condoms, convaincre le partenaire d’enfiler la chose (biodégradable, en l’absence de technique spéciale, j’imagine) sur sa nouille. Une fois cette première partie effectuée (bonne chance), inventer le savon pour nettoyer le préservatif régulièrement.5) AccouchementSi comme moi votre expérience se limite à zapper ou fermer les yeux pendant les scènes d’accouchement au cinéma, votre aide se bornera à tenir la main tout en inventant la boule Quiès. C’est un bon début dans le cas où tout se passe bien. Sinon, prévoir une pelle pour votre premier enterrement.6) MenstruationsSans doute jouable avec un bon stock de coton sous la main. Sinon, bon, le sang n’a jamais tué personne (attirer des prédateurs ? mince). Evidemment, il conviendra d’inventer, le cas échéant, des antidouleurs – au besoin, faire pousser du cannabis.7) SextoysHa ha ! Facile, les enfants. Notons que c’est le seul point pour lequel la nature est vraiment notre amie (et pas une sale traîtresse sans compassion).8) CultureOn sera enfin débarrassés de Mars et Vénus, du Kamasutra et de notre échelle de valeurs. Donc on pourra tout reconstruire. Donc on pourrait éviter les trucs relous comme les tabous religieux, les catégories sexuelles ou le machisme. Ce serait cool. On finirait comme des hippies à presser des olives – et avec un peu de chance, mieux habillés.Bref. Tout ça en affrontant le reste des problèmes, du froid aux prédateurs en passant par la gastroentérite et la faim. Tendu, hein ? Oui, pareil, sauf que moi je ne tremble pas, c’est juste des mouvements convulsifs déconnectés de toute peur effective, ha ha. Vu mon niveau d’expertise, il ne me reste qu’à espérer que la troisième guerre mondiale n’arrive jamais. Ou alors, écrire un mail à Neil Strauss pour demander des conseils (j’ai l’impression que si je contacte directement une milice paramilitaire, la contraception ne fera pas partie de leurs priorités – c’est là que tu réalises à quel point on aurait dû féminiser l’armée plus tôt).À lire aussi :
-
40 ans : le MLF approche de l?âge cougar Hier, c’était les 40 ans du MLF, à qui nous devons beaucoup. Hier, sur le net, ça s’est bien déchaîné. Contre, évidemment. Sans rien connaître du féminisme, évidemment. Parmi les preuves de paresse intellectuelle (pourquoi se renseigner ? pourquoi penser ? tout ça est épuisant), nous avons toujours en première ligne les accusations “elles sont moches”. Tant qu’une femme devra valider une revendication avec son physique, le féminisme restera d’actualité. Accessoirement, c’est la pensée la plus passionnante et libératrice du monde :)
À lire aussi :




