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AU HASARD DES RENCONTRES ( la suite) Sur le meuble derrière moi trônait, dans la plus pure simplicité, comme un trophée ou un sceptre, une œuvre intemporelle, une de mes créations, un phallus sculpté, décoration bien singulière dans l’antre d’un homme solitaire.
Dans l’instant je n’ai su, surpris de son exclamation, si je devais prendre sa remarque comme une admiration ou une stupéfaction.
Le plus gêné des deux est bien celui auquel vous pensez, c’était moi...
« Oui, une bite, un zob, un phallus ? Comment le nier ? Un trophée remporté lors d’une soirée orgiaque »
Devant l’écarquillement quasi spontané de ses grands yeux verts, j’ai ponctué ma phrase d’un aussi franc que gamin « non je déconne »
Elle a souri, avec, dans son regard, une interrogation quant a la véritable origine de cette verge artistique.
Cette femme était incroyable d’expression, elle n’avait même pas besoin d’ouvrir la bouche pour signifier ses locutions.
« Je sculpte des phallus, des bites si vous préférez...
-Bite ou phallus quelle importance, c’est un objet d’art a connotation érotique
-Parlez-vous toujours ainsi, avec des mots alambiqués
-Les vôtres ne sont pas mal non plus
-Je m’adapte...
-J’écris, en voila la raison, on finit par parler comme on écrit...Je m’adapte ! D’autres bites Bad Boy ? C’est mieux comme ça ? »
Délicieuse dans ses désirs d’adaptation ratée, elle a gagné ma permission de lui faire visiter mon atelier ....Mais avant de la faire pénétrer dans l’antre du diable, je l’ai dévisagée dans un silence lourd en conséquence.
Je l’ai trouvée jolie, des traits imparfaits mais expressifs, le principal de ses atouts résidait en son regard encadré aux commissures de ses paupières de quelques rides délatrices d’une large quarantaine.
Loin de m’effrayer, cette mature féminité m’a attisé et je n’ai, par décence ou par respect, pas poussé cette introspection déplacée. J’ai laissé mon esprit dériver quant a ses courbes féminines dissimulées sous l’ampleur de ses vêtements.
Ce silence, loin de l’éprouver, a ouvert une nouvelle brèche dans mon monde interdit.
Avec une incroyable autorité, elle m’a arraché a mes élucubrations en lançant
« Bon, on y va, où sont-ils ces joyaux phalliques ?
-Prête ? Après vous chère madame...
-Oh My Gode ! S’est-elle exclamée en rentrant dans mon atelier, surenchérissant d’un « il y a de quoi ici satisfaire nombre de femmes solitaires »
J’ai souri bêtement ne sachant quelle attitude adopter face a cette désinvolture érotique.
Elle me tenait par la queue c’était bien le cas de le dire !
« Puis-je ? ».
C’est a l’artiste qu’elle s’adressait et non a l’homme, afin de lui demander l’autorisation de se saisir d’un de ses objets cultes.
Elle avait saisi la sculpture, l’avait faite glissée dans ses mains, avait doucement caressé les endroits les plus lisses et fait courir ses doigts sur les ciselures imprimées dans le bois.
« C’est un travail vraiment remarquable, vous avez du talent ... Pourrais je vous en acquérir un, ou bien êtes vous comme tous ces artistes qui ont tant de mal a se séparer de leur création?
-J’ai une bien meilleure idée, je vous en sculpterai un avec une dédicace particulière si vous le désirez ...
-Alléchante initiative »
Ses répliques allusives étaient pour le mieux licencieuses, mais je n’arrivais toujours pas pour autant a faire la part des choses entre la rhétorique et le jeu.
« Bien, si nous allions dîner ...
-Je n’ai pas osé vous le dire, mais je ne peux rester, je suis attendue en ville
-Mais votre voiture...
-Ah oui ma voiture....
-Voulez-vous que je vous raccompagne ?
-Au moins jusqu’a mon véhicule tout au moins, on ne sait jamais, mon vieux char est capricieux.
-Ok, c’est entendu »
Dix minutes plus tard, après un coup de marteau sur le démarreur, et un numéro de téléphone en poche, je regardais amèrement mon égérie s’éloignait dans la nuit.
Alors que j’étais en train de m’alimenter de quelques restes planqués au fond de mon frigo je songeais a la femme et a mes illusions.
Derrière cette silhouette aux allures discrètes, j’osais imaginer une vrai salope, pas au sens péjoratif du terme, bien au contraire ; de ces femmes qu’on traite avec discernement parce qu’elles savent baiser juste pour le plaisir, parce qu’elles savent s’offrir sans tabous ni barrières et produire en partage une jouissance plénière et complice.
Cette nuit la, mes phantasmes érotiques édulcorant mon sommeil, ce véritable succube des temps modernes ne cessa d’apparaître dans mes rêves, me dévoilant son corps nu, et m’exhibant son sexe, réclamant sans vergogne que mes pénis sculptés s’emparent de son ventre.
A suivre....
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AU HASARD DES RENCONTRES
Découvrez Soundgarden!Le soleil déclinant donnait a la plage un avant goût de l’arrière saison, cette période déprimante où les rouleaux de l’océan se sont plus agressifs et les ombres plus longilignes.
De la fenêtre de mon atelier dans lequel j’avais travaillé une bonne partie de l’après midi, je jetais un coup d’œil sur le sable désert de ses occupants estivaux.
Juste le bruit de la mer et du vent venu du large, j’avais pour un court instant éteint la sono.
J’allais refermer la fenêtre lorsque je l’ai aperçue, elle, une silhouette, celle d’une femme courant comme une enfant jouant au cerf volant. Elle semblait s’imprégner des parfums de la vie, essayant d’embrasser les bourrasques de vent irrigués d’eau salée...
Je l’ai longtemps regardée se distraire avec les éléments, détaillant malgré la distance qui nous séparait, les codes élémentaires de sa féminité.
Elle était affublée d’un pantalon trop grand retroussé en ses extrémités, lequel était surmonté d’un chemisier flottant, qui laissait apparaître, au caprice du vent, deux petits seins naissants dans l’échancrure de son décolleté. Sa tenue bien que très simple, presque masculinisée, m’a soudain fait penser que peut être derrière cette simplicité se cachait une femme en quête de solitude, une femme qui n’avait pas envie d’être dérangée.
Dans les derniers rayons de soleil, je me suis perdu en rêverie dans les reflets flamboyants de sa chevelure rousse, a peine retenue par une pince a la base de son cou.
Cette vision féminine en cette fin de journée, dans la solitude de mon atelier, m’a soudain ragaillardi, si, comme une égérie elle m’était apparue pour donner de l’élan a mon inspiration.
J’ai allumé une cigarette, ai refermé la fenêtre, puis me suis remis a travailler mes créations jusqu’en début de soirée, oubliant la femme rousse et mes égarements oniriques.
Presque a la nuit tombée, j’ai entendu trois coups claquer a la fenêtre, j’ai sursauté ...
L’artiste que je suis, ermite singulier, vivant retiré a des lieux de toute habitation, n’a que peu de visite, pour ne pas dire aucune. Imaginez ma stupéfaction...et mon énervement d’être ainsi dérangé a l’heure du repas .A force de vivre seul, on finit par adopter des habitudes de vieux garçon.
J’ai ouvert la porte de ma chaumière un peu abruptement glissant juste une tête pour détrôner l’intrus qui avait osé m’importuner a cette heure indue.
Dans la pénombre crépusculaire, je me suis trouvé nez a nez la belle inconnue, effrayé par cette soudaine grincheuse apparition
« Oui ! C’est pourquoi, ai-je rugi, avant même de l’apercevoir, puis stupidement j’ai renchéri oh, c’est vous ! »
Sa frayeur a fait place a de l’étonnement, et pour palier a ma soudaine béatitude, elle a poursuivi
« Nous connaissons-nous ? »
Les vieux ours n’en sont pas moins hommes, je suis tombé sous le charme en un instant.
« Je vous prie de m’excuser, je n’ai pas l’habitude des visites et l’ours acariâtre que je suis a bien du mal a maîtriser ses ressentis. Pour répondre a votre question, je vous ai aperçue sur la plage un peu plus tôt dans la journée...
-Oh mon Dieu, vous avez du me prendre pour une folle hystérique
-Non pas vraiment ...mais que puis je pour vous ?
-Ma voiture ne veut plus rien savoir, je suis garée a dix minutes a pied d’ici ...
-Et donc ?
- Pourrais-je téléphoner ? J’ai laissé mon portable a l’hôtel ?
-Ecoutez, je m’apprêtais a dîner, voulez-vous manger avec moi, entrez je vous en prie »
Sans même me répondre, elle est entrée, me devançant.
« Votre maison est charmante, si je pouvais trouver un tel logement, je signerais de suite !
-Désolé, il n’est pas a louer »
Quel con ! Je regrettais déja ma réplique, mais elle s’est assise avant même d’y avoir été invitée dans mon vieux canapé recouvert de tissus pour mieux camoufler sa vétusté.
Elle était loin d’être farouche et dégageait une sensualité a laquelle je n’étais plus habitué.
Son regard s'est soudain arrêté sur un meuble, je l'ai suivi a l'instant même ou sans grande timidité elle a lancé a mon intention, un grand sourire sur les lèvres
« Mais c’est une bite »
Elle venait soit d’anéantir mes horizons, soit de trahir ses attirances...
A suivre...






