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UN SOUFFLE Un vent d?oubli plane sur l?ombre de nos nuits
Il est si loin le temps béni de nos folies
De tes je t?aime murmurés à mon oreille
De tes caresses suggérées dans mon sommeil.
Pas un orage n?a su atteindre notre attirance
Mais l?habitude a dilué notre dépendance
Complicité et érotisme s?en sont allés
Le voile noir de ton mutisme les a tués.
Seul le désir par ton mystère perpétué
Nourrit encore ma gourmandise de tes baisers
Qu?un vent léger à l?horizon ose effacer
Comme ces larmes que sur mes joues tu as laissées.
Gourmande de vie et de mystique érotisé
Je vois au loin un nouveau jour se profiler
Arc en ciel sensuel proche de mes illusions
Ou attrait magnétique riche en fascination.
Sur ma peau mate quelques illicites frissons
Mes seins tendus, mon corps troublé d?une émotion
En Nobles messagers de mes désirs de luxure
Triomphent impunément, me poussent au parjure.
Mes blessures s?envolent dans le printemps naissant
Une brise amoureuse conjure le poids du temps
Adoucit les brûlures des souvenirs passés
Stigmatise, impudique mes plus tristes pensées
Cette fièvre indicible qui à nouveau m?étreint
De la pointe de mes seins jusqu?au creux de mes reins
De ma mélancolie, les dernières braises éteint
Eclabousse mon âme, abolit mon chagrin.
© 2010 Mystérieuse
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Derrière la porte ( la suite )
Dans la quiétude de son matin embrumé, D. avait découvert, son bol de drogue matinale entre les mains, les émotions transcrites par J.M tard dans la nuit. Elle l?avait imaginé un instant, déambulant à moitié dénudé dans ses appartements ou une chambre d?hôtel, à la recherche des mots qui traduiraient au mieux ses sentiments. Elle avait aimé l?idée qu?il prenne le temps, avant d?enfin se coucher, de lui écrire. La douceur de ses mots l?avait enrobée comme un voile de satin, une étoffe diaphane et sensuelle embellissant ses courbes généreuses et tièdes à l?aube d?un nouveau jour. Juste drapée d?une fièvre naissante dont elle n?avait aucune explication rationnelle, elle avait lu et relu avec application, les quelques impressions de J.M .Un mot, un seul mot comme un leitmotiv cognait ses veines temporales, désir. Désir, il était là le merveilleux de leurs échanges épistolaires. Comment n?y avait-elle pas songé, comment n?avait-elle pas pensé à lui glisser « désir » entre les lignes .Secrètement elle convoquait l?espoir qu?il puisse partager les même impulsions impudiques qui la rapprochaient inexorablement de lui. Ne pas lui avouer, lui laisser deviner quels étaient ses sentiments, ses envies pas toujours honorables, ne pas lui avouer qu?il lui était apparu, touche par touche comme une tentation diaboliquement troublante.
« Bonjour J.M,
Après avoir lu et relu votre mail, un seul mot éclabousse mon âme. Le désir, oui c?est bien cela qui émane du film, comment ne vous en ai-je pas parlé, moi qui ne suis guidée que par cette émotion. Et au-delà l?ambiance de cette salle obscure où je vous pressentais à mes côtés sans jamais vous y apercevoir, doutant tout à coup de votre présence, doutant de tout et surtout de moi, de ma capacité à vous corrompre de ma féminité, ma capacité à vous convaincre de me frôler dans la pénombre d?un cinéma. Mais je m?égare, je m?emporte, mon corps en ressent déjà les ondes, il faut vraiment que je m?échappe si je ne veux pas succomber ?
Je vous embrasse, ma main posée sur votre nuque, mes lèvres au bord des vôtres
D. »
Elle ne savait rien de lui, ou si peu. Elle s?inventait un homme solitaire, toujours entre deux rendez-vous, allant et venant sans répit, sans prendre le temps de se poser .Alors comment était-il arrivé dans son univers érotique, un monde perdu dans les nébuleuses de ses fantasmes les plus fous, de ses audaces les plus douces, de ses envies les plus impudiques, de ses désirs les plus jouissifs.
Il était urgent qu?elle s?échappe un peu, elle avait choisi en cette matinée printanière d?abandonner son cher écran pour intégrer ne serait qu?un moment un monde civilisé duquel elle s?excluait naturellement.
Mise en beauté, quelques appels ?Avec une amie elle déjeunerait et puis plus tard dans la soirée, au théâtre elle se rendrait avant d?à nouveau dîner en extérieur. Besoin de vivre, de s?exprimer, la solitude, sa si chère solitude lui apparaissait soudain comme un fardeau qu?elle n?arrivait plus à assumer.
Une ambiance amicale avait jalonné toute sa journée sans qu?elle ne songe à ses chères écritures guidant sa vie de main de maître dans un monde utopique qu?elle chérissait. Elle en avait même oublié de consulter ses mails sur son i phone.
Aux alentours de 23 heures, encore empreinte des héros de la pièce à laquelle elle avait assisté, elle s?était attablée au restaurant du TNN, s?était sustentée d?une salade légère en compagnie de ses amis. Rapidement elle s?était évadée vers une autre stratosphère songeant à J.M.Où était-il, que faisait-il, lui avait-il répondu ? Perdue dans ses pensées, au milieu d?une discussion desquelles émergeaient plaisanteries et fou-rires, elle avait plongé une main dans son grand sac en extirpant à force de fouille son I phone .L?instant d?un instant, le temps s?était arrêté, sur un seul message trônant comme une bouffée d?oxygène parmi les autres.
« Bonsoir D.,
Cette nuit, j?ai regardé les deux photos que vous m?avez envoyées. Il me revenait comme un leitmotiv les mots d?un de vos billets pour illustrer la vidéo de Hopper : « sexe fendu et seins ronds ». J?ai fermé les yeux et j?ai violemment cherché à atteindre la sensation de mes doigts sur l?ourlet de votre lac d?amour, approcher de la naissance de la rosée et l?offrande de la corolle. Je n?y suis pas parvenu. J?en ai ressenti une légère tristesse. Alors je me suis souvenu que la peinture avait déshabillé les femmes, qu?elle avait montré leurs corps désirables et rendu le spectateur voyeur de leur beauté sanctifiée dans la séduction et le plaisir. Vous étiez alors dans ma nuit, une Vénus attendant que le plaisir l?inonde.
J?éprouve un plaisir quasi physique à nos échanges épistolaires. Ils se sont « positionnés » naturellement. En espérant qu?ils demeurent et amplifient l?ardeur de nos attentes.
Plus terre à terre, je m?absente la semaine prochaine, je serai donc moins présent. De grâce, ne m?oubliez pas ?
C?est votre cou que j?inonde de mes baisers pour mieux m?effacer dans votre chevelure
J.M »
L?oublier?Comment pourrait-elle l?oublier ? Elle prenait soudain conscience qu?il allait lui manquer .Naturellement, elle griffonnait quelques mots sur son fidèle calepin
« Je rêve de ton corps, je rêve de ta bouche, je te veux près de moi, je veux que tu me touches, je rêve de ta peau, je rêve de tes mains, je ne pense qu?à toi, je ne dors plus, je ne fous rien »
Intuitivement dans le désir la submergeant à la lecture des mots de J.M, elle avait, d?un grand coup de pied envoyé balader le vouvoiement, ultime barrière à l?impudeur des sentiments.
« Do, reste avec nous, où es-tu encore donc partie ? lui lançait une de ses amies. Encore tes écrits, échappe toi de ta bulle »
S?échapper, alors qu?elle était si bien, si sereine dans son monde érotique.
« Oui, pardon, excusez-moi, juste quelques notes »
Oui quelques notes, quelques mots qu?elle n?enverrait jamais à J.M de peur que trop d?audace le fasse fuir.
A suivre...




