-
Enfin un site de rencontre pour les moches Parce que le monde ressemble à ça :
Le site s’appelle donc The Ugly Bug Ball, “rencontres pour personnes esthétiquement contrariées”. J’aurais hurlé au fake – surtout en voyant la page d’accueil et ses portraits de, euh, de gens qui sont en effet flamboyants de laideur – si The Sun n’avait pas repris l’info. Et puis fake ou pas, spa grave, j’ai des choses à dire sur la question.
L’argumentaire du site est encourageant pour les moches : ils seraient plus nombreux donc auraient plus de possibilités pour se caser, en outre, ils seraient plus honnêtes et moins exigeants. Ces qualités type “lot de consolation” me rappellent le bouquin dont je parlais avant-hier, où le narrateur, qui se décrit comme extraordinairement laid, du genre à se retourner dans la rue pour lui jeter des cailloux, explique que sa mocheté est parfois associée à une plus grande virilité (alors que bon).
Je trouve ça assez charmant, cette idée d’une justice suprême qui donnerait forcément des qualités supplémentaires en face des défauts. Notre tendance à la compassion est telle qu’on se retrouve à dire qu’un enfant handicapé est “quelque part” une chance (il ne quittera pas le foyer), qu’une hémiplégie permet de se recentrer sur ce qui est vraiment important (genre regarder le soleil se lever)… ok, il y aura toujours un mec capable de peindre des tableaux avec son pied gauche, ou de dicter un livre avec une paupière, mais on n’a pas tous cette capacité de rebond. A un moment, un drame est un drame, et ouaips, y’a un tas d’injustices, et des gamins qui meurent du cancer à cinq ans. Sans aucun bénéfice pour personne. Sans aucun sens, juste par manque de chance.
Alors les moches. Bon. Me situant définitivement dans la partie droite du tableau en haut de ce billet, j’ai toujours été hyper curieuse de leur vie. Dans le meilleur des cas la presse les zappe (typiquement, les magazines féminins), dans le pire des cas elle s’en moque (typiquement, la télé). C’est paradoxal parce que dans la rue, le moche est ultravisible, encore plus que quelqu’un de beau. Le moche attire le regard, la pitié, la fascination, son physique place comme un filtre ou une distance entre nous. Même quand on se connaît bien. C’est pourtant pas contagieux. A part par engendrement.
Je pense souvent aux moches en écrivant ce blog. Honnêtement, la plupart de ce que je raconte, sur la séduction notamment, reproduit l’exclusion dont ils sont victimes dans le champ amoureux. En même temps plus j’y réfléchis, moins je sais comment aborder le sujet. Et peut-être que ce n’est pas à moi de le faire. De toute façon mon point de vue n’est pas légitime. Je ne sais pas ce que c’est d’avoir peur de se foutre à poil devant quelqu’un, ça commencerait sacrément mal pour donner des conseils.
Donc les moches, plus honnêtes, moins exigeants. Là-dessus, je ne vais pas être d’accord. J’entends un nombre fascinant de mecs non solvables sur le marché de la séduction (pas de beauté, pas de thune, pas de pouvoir, pas d’humour, pas de que dalle) faire les fines bouches devant des nanas franchement jolies. Par un classique mécanisme de protection, ils rejettent les femmes susceptibles de les rejeter – donc toutes – en les accusant, elles, d’être moches. Et connes. Oui, on peut être moche et se comporter comme un chacal, ça va même plutôt bien ensemble. Pas toujours, hein, mais régulièrement. Après Jeune&Jolie, Moche&Méchant. Il faut bien que la cruauté se retourne quelque part. Et puis c’est pas trop grave, personne n’est dupe, surtout les beaux, sur qui tout ça glisse – en relançant le cycle, puisque la pitié des beaux ne fait que renvoyer à ses insuffisances. Putain, j’avais promis que ce billet serait court.
Ensuite, 50% de moches dans l’univers ? Avec pas mal d’imagination, je trouve. Dans le bouquin de Jean-François Amadieu qui traite de la question, et qui a le mérite de n’avoir aucun service à vendre, les “assez moches” et “vraiment moches” cumulés atteignent 25% de la population. A vue de nez, pour ma propre sensibilité, je trouve ça encore beaucoup. Mais bon, je trouve souvent les gens ok, sans doute parce que je bois trop.
À lire aussi :
- Le corset pour hommes arrive enfin
- Les filles préfèrent les moches
- Message de service : destruction de site et autres informations
-
François Sagat est un dieu vivant, un cap, une péninsule C’était donc ce matin : trois minutes, en direct, sur France Inter, trois minutes pour faire l’éloge des fesses les plus rondes de l’histoire de l’humanité (lien ici, en podcast sur iTunes ça marche, je commence à 33’30). La personne qui a inventé la roue avait pensé à François Sagat. Gallilée aussi. Ribéry aussi. Non mais c’était TROP génial en fait, et depuis, je sautille partout.
Je la refais pour les retardataires : François Sagat est la plus grande star française du porno gay international et récemment, il a tourné dans deux films d’auteur – LA Zombie de mon idole Bruce la Bruce, et l’Homme au Bain de Christophe Honoré. Il ressemble à ça :
Mais ce matin, il avait des vêtements et pas de grosse boule rose. Et donc, comme il a une image de gros dur, j’avais peur qu’il soit froid. Ou méchant. Ou qu’il me casse la gueule, parce qu’avoir quelqu’un qui fait pendant trois minutes l’éloge de mes fesses, à deux mètres, je ne sais pas comment je le prendrais (lui, il est devenu écarlate, moi, ça m’a beaucoup aidée de l’avoir face à moi, de pouvoir le regarder pendant ma chronique).
On a eu le temps de papoter un peu avant, et ça m’a bien rassurée de le découvrir gentil, et qu’il me dise que j’aurais dû venir lui demander un autographe quand je l’ai croisé dans le Marais il y a quelques semaines. Avis aux lectrices : il aime bien quand les filles viennent le voir. J’ai pu lui demander s’il aimait Pascal Brutal, le héros de BD inspiré de lui.
La réponse est donc oui, et que ça le fait marrer. Il faut ici rappeler que François Sagat dessine, en plus, et plutôt carrément bien. Ici, un autoportrait :
J’attends donc le cross-over de pied ferme : François Sagat dessinant les aventures de Riad Sattouf (le créateur de Pascal Brutal). Enfin bref. J’ai été ravie de la conversation très libre qu’on a pu avoir autour de l’émission, des petites confidences, de l’adresse de son club de gym, tout ça. Je serais bien repartie avec lui mais 1) il a refusé ma demande en mariage devant chais pas combien de milliers de personnes dont mes parents (EPIC râteau), 2) mon coeur saigne mais il fallait que je passe à la compta de Radio France, et vous savez comme je suis vénale.
Avant de filer vers d’autres aventures, il a pris ma chronique (et mon email !), il a dit qu’il la mettrait sur son blog. Je ne crois pas qu’il aurait pu me faire, à moi, un plus beau cadeau. Parce que je ne mentais pas : ses fesses sont sublimes (lui aussi), j’ai écrit mon texte sans hésiter et sans essayer de me faire bien voir, en toute sincérité, et toute contente de pouvoir lui faire cet hommage un peu bancal. On n’a pas tous les jours l’occasion de dire à quelqu’un qu’il nous émeut. Surtout si c’est une émotion essentiellement physique : difficile de savoir si la personne va le prendre comme une insulte ou un compliment (parce qu’évidemment il a aussi un cerveau, et de la conversation, et des tas de trucs à raconter). En fait, j’ai écrit une chronique de fille de 14 ans fan de Twilight, c’est-à-dire dans mon cas, de porno. Mais j’assume. Apparemment, lui aussi.
À lire aussi :
- Identité sexuelle française, le débat
- Dieu est dans les vagins
- “Dieu a créé le sexe, les prêtres ont créé le mariage”








