-
O comme histoire d'O O comme histoire d'O
Linda : Je ne vais pas vous faire une critique littéraire de cette œuvre, je veux en faire une petite analyse sans prétention par rapport a ce qu'elle a pu apporter a la pratique du sado masochisme. Je pense qu'il s'agit de la première œuvre majeure et populaire sur le thème du plaisir a la soumission... Soumission par amour, d'abord, puis par goût véritable... D'où le scandale. Ce que j'aime dans cette histoire, outre son extrême simplicité, c'est l'idée nouvelle du dressage confié a un institut spécialisé (le château de Roissy), avec personnel hiérarchisé, des règles strictes, et des actes théâtralisés a outrance. C'est un univers particulier qui est crée. Un univers qui a fait date... Le dressage d'une femme est confié a un maître, et c'est cet aspect découverte et progrès dans la soumission de cette jeune âme innocente qui est fascinante. Pervertir une âme innocente, pour la diablesse que je suis, c'est délicieux. Révéler le chemin de la soumission a une fille comme O, taillée pour ce type de relation sans le savoir, c'est une pure jouissance.
Caroline : T'es une bonne vendeuse ma pute, pour un peu tu me donnerais envie de le lire. Sois plus crue, parle nous des supplices qui attendent cette petite cruche, car de ce que tu m'as raconté, ce n'est rien d'autre qu'une petite cruche.
Linda : Je vous reconnais bien dans ces mots qui flirtent bon la provocation. Mais je me dois de vous contredire car O n'est rien d'autre qu'une jeune femme romantique, amoureuse et passionnée. Prête a tout pour prouver son amour a René son amant...
Caroline : Je t'ai dit de nous donner un aperçu des tourments que cette girl romantique va endurer, pas de te faire son avocate !
Linda : Et bien c'est une longue descente dans la perversion. C'est le principe du dressage, cela va crescendo. Elle va devoir respecter certaines règles : ne pas regarder un homme dans les yeux, avoir toujours les lèvres entrouvertes, ne jamais avoir les jambes croisées ou les genoux serrés... et ce que j'aime, c'est que ces règles ont été depuis maintes fois reprises par les adeptes du BDSM. Evidemment, chaque transgression lui vaudra une punition, et la c'est le fouet !
Caroline : C'est tout ?
Linda : Non, le dressage va très loin. O va être livrée a d'autres hommes, des femmes aussi, plus cruelles encore. Elle aura droit au collier, aux chaînes, aux cellules, elle sera même marquée...
Caroline : Oui j'imagine bien le scandale pour l'époque.
Linda : En fait, c'est surtout, la philosophie ou le message du roman qui était vraiment révolutionnaire. O affirme ses désirs, va au bout de sa passion, ne recule devant rien. Au fond, c'était une forme de féminisme avant gardiste.
Caroline : Oui, c'est vrai que le bouquin n'est pas tout récent.
Linda : Il date de 1955. Mais la véritable auteur, Dominique Aury n'avouera l'avoir écrit que 40 ans plus tard. Longtemps, on a engagé contre elle des poursuites judiciaires, de multiples scandales ont éclaté. La presse évidemment, mais aussi les parlementaires et les ministres ont participé au scandale de cette œuvre, c'est vous dire !
Caroline : Tu ne peux pas t'empêcher de sortir ta science, t'aimes ça en mettre plein la vue. La bonne bourgeoise bien éduquée qui aime lire des bouquins pornos mais en se dissimulant derrière des façades d'intello, je te reconnais bien la.
Linda : Ce n'était pas mon intention Maîtresse, mais si vous m'y autorisez, je pourrai faire un copier-coller du début du livre pour donner a nos lecteurs une idée plus précise de cette œuvre.
Caroline : Tu m'as bien dit que tu avais ce livre chez toi ?
Linda : Oui Maîtresse.
Caroline : Alors je ne vois pas pourquoi tu ferais un copier-coller, tu n'auras qu'a retaper les premières pages !
Linda : Bien Maîtresse.
-
Qui est Sacher Masoch ? Dessin de Crépax tiré de la « Vénus en fourrure ».Il s'agit la d'un petit montage de deux planches restituant parfaitement le contexte de ce 19ème siècle où triomphe la bourgeoisie.
Qui est Léopold von Sacher Masoch ?
Masoch est un personnage de roman par excellence, et romantique aussi au sens littéral du terme : passionné, révolutionnaire. Existe-t-il beaucoup de romanciers qui aient voulu faire de leur vie, une œuvre a part entière. Existe-t-il beaucoup d'hommes qui aient osé concrétiser leurs fantasmes de soumission au vu et au su de tous ?
Mais avant de relater ici ma vision de cet écrivain méconnu et fascinant, de relater et commenter ses écrits, il faut je crois commencer par connaître sa vie, puisque celle-ci est indubitablement et inextricablement liée a son œuvre.
Les écrits qui suivent ne sont pas de mon fait, mais copiés a partir du site wikipédia. L'article particulièrement clair et concis, met bien en lumière l'œuvre de Masoch a partir de son parcours personnel.
La vie d'un écrivain hors norme
« Leopold von Sacher-Masoch est né de Leopold von Sacher, préfet de police de Lemberg, et de Caroline Josepha Masoch, fille d'un médecin ukrainien. Caroline, ne pouvant nourrir son fils elle-même, le confia a une nourrice Ukrainienne dénommée Handscha. Les récits du folklore ukrainien de cette dernière et les mouvements révolutionnaires et nationaux dont il fut témoin marquèrent profondément le jeune Léopold, et par conséquent influencèrent ultérieurement son œuvre.
Après son doctorat en droit, Léopold von Sacher-Masoch étudie l'histoire. En 1856, il donne des cours a l'université de Graz et publie un ouvrage historique L'insurrection de Gand sous l'empereur Charles Quint. Il a une liaison avec madame Kottowitz, laquelle, au bout de 4 ans, le quitte pour un autre homme. Cette expérience malheureuse lui inspire La Femme Séparée. Il écrit des contes et des romans historiques, et forme le projet d'un cycle de nouvelles, Le Legs de Caïn, qui restera inachevé et devait comprendre six thèmes : l'amour, la propriété, l'État, la guerre, le travail, la mort.
En 1869, il fait la connaissance de Fanny Pistor dont il s'engage a exécuter tous les ordres et désirs pendant six mois. L'année suivante, ils partent en Italie pour mettre en pratique cet engagement. Mais Léopold rentre seul en Autriche et écrit la version définitive de La Vénus a la fourrure ; il en avait déja rédigé une première version au début de sa liaison avec madame Kottowitz.
Il croit avoir trouvé l'incarnation de Wanda de Dunajew (héroïne du roman) en la personne d' Aurora Rûmelin qui deviendra sa femme en 1873. Leopold signe un contrat que « Wanda » (C'est ainsi que désormais il appelle Aurora) a rédigé, a son instigation : « Je m'oblige, sur ma parole d'honneur, a être l'esclave de Mme Wanda de Dunajew, tout a fait comme elle le demande, et a me soumettre sans résistance a tout ce qu'elle m'imposera. » (déclaration située a la fin du contrat). Pour que s'accomplisse pleinement son fantasme, il se met a chercher, mais en vain, l'homme (« le Grec » dans le roman) avec lequel Wanda le cocufierait et, en outre, le ferait battre. Dans le cadre de cette recherche, un étrange échange épistolaire se produit entre le couple et un mystérieux inconnu qui signe Anatole (peut-être Louis II de Bavière). Mais petit a petit le mariage se délite, Wanda ne parvenant pas a tenir son rôle. En 1882, elle le quitte pour vivre avec un journaliste du Figaro. La douleur qu'ils éprouvent a la mort de leurs fils ne parvenant pas a les réconcilier, le divorce est prononcé en 1886. La même année, Léopold fait un voyage a Paris où il est nommé dans l'ordre de la Légion d'honneur. Il termine sa vie a Lindheim en compagnie de Hulda Meister, sa nouvelle femme, avec laquelle il a eu deux filles (Olga et Marfa) et un fils (Ramon).
La Vénus en Fourrure
Son chef-d'œuvre est incontestablement La Vénus a la fourrure qui fait partie du thème de l' Amour de son cycle principal, Le legs de Caïn (seul les thèmes de l'Amour et de la Propriété furent achevés). Le narrateur de ce roman, ayant rêvé d'une Vénus vêtue d'une fourrure décide, d'aller raconter son rêve a son ami Séverin. Chez celui-ci, il comprend vite que deux peintures (une reproduction de La Vénus au miroir de Le Titien et un tableau représentant une femme dominatrice avec un homme a ses pieds) ornant le salon de son ami sont a l'origine de son expérience onirique. Séverin lui remet alors un manuscrit intitulé Confessions d'un suprasensuel ; dorénavant et presque jusqu'a la fin du roman le lecteur aura sous ses yeux ces confessions. Roman dans le roman, Confessions d'un suprasensuel raconte comment Séverin devient volontairement l'esclave d'une femme, Wanda von Dunajew, qui, a sa demande, le maltraite et l'humilie.
À la fin du roman, Séverin affirme a son ami : « la femme, telle que la nature l'a faite, et telle qu'elle attire l'homme de nos jours, est son ennemie et ne saurait être que son esclave ou bien son tyran, mais jamais sa compagne. Cela, elle ne pourra l'être que lorsqu'elle sera son égale en droits, son égale aussi par son éducation et par son travail ».
Que pensez vous de cette dernière réflexion ? N'est il pas visionnaire ? N'est il pas digne d'une modeste réhabilitation sur mon blogg ?






