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UN HOMME PLEURE... ( la suite ) [...]Cette fois c?est moi qui lui roulais une pelle totalement prohibée juste en haut de l?escalier de la bouche de Métro. Mais pour autant, personne ne semblait intrigué par ce couple peu conforme. Cette constatation n?était pas pour arranger mes affaires .J?aurais préférer une réprimande collective. Il me prenait à nouveau par la main et me faisait dévaler les marches comme une gamine !
[...]Je regrettais immédiatement mon impulsivité .Comment pourrais-je à présent lui expliquer que ce baiser était une erreur, que mes désirs étaient ailleurs, plus intellectuels, moins subversifs, que je recherchais?il ne me laissait pas le temps de la réflexion !
Au pied du portillon nous menant au quai, il abandonnait ma main, enserrait ma taille, déposait un baiser au creux de mon cou, semblant s?imprégner d?un repère sensoriel sur le grain de ma peau.
Puis il me murmurait, « Donne-moi une adresse, une station de métro, je te rejoins ». Je m?en empressais sans grand espoir de retour .Il la notait pourtant sur son téléphone puis déposait un baiser sur son majeur et avec la délicatesse d?un ange protecteur, me le destinait d?un souffle léger. Il disparaissait.
Quelle idiote ! Usurpation en émotion, disposition en dispersion ou je ne sais quelle autre subterfuge malhonnête avaient eu raison de mon assurance habituelle. Que croyait-il le garçon, que j?allais le croquer telle une mante religieuse sous les toits mansardés de Paris. Mon gout pervers pour les jeux, les mises en scènes ne m?avaient pas donné la possibilité de lui avouer mes pieuses intentions. Il avait fui sans autre forme de procès et moi je perdais d?un seul coup toutes mes illusions et mes espoirs.
Comme souvent dans mes moments de détresse ou de panique, je posais les écouteurs de mon ipod sur mes oreilles encore empreintes de la douceur d?un baiser, collais ma tête sur la vitre glacée et regardais le reflet de mon image défiler sur le fond de tags furtifs et crasseux du ventre du métro parisien. Me laissant submerger par l?envoutement musical, je fermais les yeux, revoyais le regard de mon dernier amant me murmurait « tu es belle dans le plaisir » sa bouche étancher ma soif de baisers. La dernière fois que je l?avais vu c?était ?il y avait trop longtemps !
Baisers ?ce mot raisonnait dan ma tête .Quelle conne j?avais fait, pourquoi avais-je impudiquement embrassé ce garçon. Il était idéal, celui que je recherchais alors même que j?allais abandonner. Je notais néanmoins son prénom sur mon carnet, il ne me restait plus guère qu'?un prénom et un regard aux couleurs décalées. Je me désolidarisais de la musique peu avant ma station de destination, recouvrais mes esprits avec le vacarme de la rame ralentissant.
Dans l?anonymat complet, je me fondais dans la foule le long des couloirs glacés, avant de rejoindre enfin l?air froid mordant de la tombée de la nuit. Plongeant tête baissée, insensible à l?hostilité climatique, je poursuivais mon chemin presque inconsciemment, stoppée dans ma mystérieuse course par une ombre masculine que je reconnaissais non pas à la silhouette, mais bien plus à l?odeur. Arthur était planté là devant moi, le regard amusé par la surprise dont il jouissait à m?accabler.
« Que fais-tu là ?
-Je n?ai pas résisté !
-Résisté ?
-Que veux-tu de moi Pauline ?
-Tu es parti si vite, tu ne m?as pas donné le temps de t?expliquer ?
- Tais-toi, je ne veux pas savoir ! too late !
-Mais !
-Je te suis, allons »
Son comportement pour le moins étrange, son accent dont je raffolais agitaient à nouveau les mauvaises molécules de mon cerveau troublé.
Quelques cinq cent mètres plus loin, nous pénétrions dans la chambre exiguë de mon hôtel du moment !
Il avait tôt fait de me débarrasser de mon chapeau, de mon manteau. Sa panoplie hivernale rejoignait la mienne au pied du lit, suivie de près de son écharpe de cachemire et de son pull de laine. Il me dévoilait le corps d?un jeune homme joliment bâti, moulé dans un tee-shirt bleu ciel, un jeune homme sur qui je ne me serais jamais retournée si? si il n?avait pas pleuré !
Mais il ne pleurait plus, il souriait, me souriait au moment où il me soulevait comme un fétu de paille, me posait à la verticale sur le lit, avant de relever mon pull et de poser sa tête sur mon ventre tiède. Je frissonnais et le repoussais. Arrête, je lui criais et toujours la même réponse « Too late »
Il replongeait sa tête sous mon pull, immobilisait mes réticences de ses bras puissamment serrés autour de moi. Profitant de mon abnégation, il me dépouillait de mon pull de laine sous lequel pointaient mes seins légèrement dressés par le piment de la situation. Arthur glissait son étrange regard sur leur rondeur dont la pointe trahissait la douceur relative de mes émotions. De ses paumes larges et chaudes, il enrobait mes mamelons, sa tête posée sur mon ventre, son regard vairon au fond de mes yeux meurtris par tant de tentation.
Laissant mes tétons caresser l?intérieur de ses mains, il prenait le temps et le loisir d?analyser les effets produits sur mon corps enchainé à sa lente découverte ?
A suivre...
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LE BAISER DANS L'ART ET LA CULTURE Comment refermer cette Valentine?s Week en beauté !
Le BAISER bien sûr?.
Un très cher ami m?a demandé un jour, si je pouvais atteindre l?orgasme dans un Baiser !
Peu étonné de ma réponse, à savoir que, bien évidemment, puisque le baiser est le premier plaisir de toute relation amoureuse ou charnelle.
Les lèvres, puis les langues sont là pour nous annoncer un partage de chair, de fluide et de plaisir.
Le très cher ami, peu ou pas surpris du tout de ma réponse, n?a pas jugé bon de vérifier, tant pis pour lui. Il m?a cru sur parole, j?aurais préféré le doute, tant mon baiser l?aurait surpris et tant j?avais envie de le lui prouver. Il se reconnaitra surement ou peut être pas ?Si tu me lis sache que je garde pour toi ma meilleure collection , l?anthologie du baiser dédicacée.
Bref ! Tel n?est pas le sujet du jour
Je voulais juste vous inviter à découvrir deux beaux livres traitant du sujet.
LE BAISER : TOUT COMMENCE PAR UN BAISER , TOUT FINIT PARFOIS PAR UN BAISER
CONTRIBUTION A LA THEORIE DU BAISER
Alexandre Lacroix est rédac-chef dePhilosophie Magazine, la revue qui a remis la philosophie à sa place ? c?est-à-dire aux promeneurs, qui passent devant un kiosque et son attirés par une question. Il vient de publier un livre évident, qui pourtant n?existait pas encore : Contribution à la théorie du baiser (Éditions Autrement, Paris, 31 août 2011, 15 ?). Livre totalement impudique que l?on pourrait comparer au Parfum de Suskind ? impudique au point d?aborder des problèmes communs à tout un chacun et qui pourtant sont couverts par l?amnésie sociale. Tout le monde embrasse, sur la bouche, sur les lèvres, sans la langue, avec la langue, légèrement, profondément, l?espace d?un instant ou longuement? Et personne n?en parle ! Si pourtant : les ados en parlent, font une théorie du baiser, parfois fantasque, mais si proche de la réalité pulsionnelle. Ils laissent entendre qu?il existe des virtuoses du baiser, si habiles à s?emparer des bouches qu?ils feraient tomber d?émoi n?importe quelle demoiselle?
Le baiser, pourtant, n?est pas de tous les temps, ni de toutes les cultures. L?Afrique ne le connaissait certainement pas avant l?arrivée des colons blancs. Le Japon, la Chine, le percevaient comme un art mineur des préliminaires amoureux. Tout cela se passait avant Hollywood, bien sûr qui a fait du baiser l?universelle promesse de se livrer à l?acte d?amour. Qui embrasse va étreindre, telle est la règle d?or établie par les producteurs américains dans les années ?30? ? coutume aussitôt répandue sur la surface de la planète, au travers du cinéma américain, d?abord, puis égyptien, indien, et maintenant partout. D?où vient-il ? Des Romains, propose Alexandre Lacroix, qui en connaissaient trois sortes : celui donné au sein de la famille, basius, qui a donné notre mot « baiser » ? baiser qui signait l?appartenance à une même substance, de mêmegens. Le second, très semblable, s?échangeait, sur la bouche, comme les Russes, entre membres d?un même ordre ? les Sénateurs, par exemple. Le troisième, le baiser lascif, préliminaire à l?acte d?amour, avec la langue, la salive et les caresses, est le troisième baiser connu des Romains. Et voilà que les Chrétiens l?ont tout d?abord très naturellement emprunté aux Romains, s?embrassant pour se proclamer de même substance. Au fond, s?il est des animaux qui s?embrassent, ce sont bien les fourmis qui, lorsqu?elles se croisent, échangent quelques molécules de salive, pour se reconnaître d?une même fourmilière, d?une même race?
Le baiser est une philosophie érotique ; une incarnation ontologique. Un peu philosophique, puisqu?il est proclamation d?une même identité tout en étant le préliminaire obligé à l?érotisme sur le point d?advenir. Tel serait donc l?héritage que la Croix aurait emprunté aux Romains pour le transmettre au monde moderne. Et Alexandre Lacroix nous le restitue, avec quelques souvenirs personnels de baiser, exercice de sincérité philosophique et participation à un procès de révélation impudique. Le mélange donne un texte percutant, qui reste dans la tête, avec le sentiment d?avoir participé du secret?
LIEN :Le blog de Tobie Nathan
Les Baisers, de Serge Bramly et Jean Coulon est publié par Flammarion
Les Baisers tels des grains de pollen étincelants dans la lumière d'un rayon de soleil, marquent l'énergie vitale, la passion érotique, joyeuse et sensuelle, la fusion énamourée des couples, toujours la même et toujours différente selon les marques du temps, le burin ou le pinceau des artistes
PRESENTATION
L?art et le baiser
Symbole de la passion amoureuse ou de l?amour éternel, mais aussi de la transgression et de la morts , la représentation du baiser occupe une place très particulière dans l?histoire de l?art , à presque toutes les époques, depuis le décor antique jusqu?à la création contemporaine.
Les baisers illustrent les amours d?Éros et de Psyché, celles de Jupiter, celles de Paolo et Francesca et les confrontent aux mythes de l?Inde et du Japon pour tenter de comprendre pourquoi certaines cultures et certains artistes ont accordé une telle place à la figuration des lèvres qui s?unissent .
L?ouvrage rassemble quelques 150 chefs-d??uvre, d?D?Hokusai à Cindy Sherman , de Jérôme Boch à Roy Lichtenstein, de Giotto à Picasso, de Bronzino à Brancusi.
Le texte érudit de Serge Bramly, à la fois analytique et évocateur, est nourri de descriptions et d'anecdotes poétiques.
Pour ma part il est un baiser que j'aime particulièrement , c'est celui de JACK VETTRIANO
BON WEEK-END




