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à vos souhaits 
C?était une table en bois blond et de bonne facture, avec un plateau épais et quatre pieds solides et stables.
Elle n?a pas bronché quand je m?y suis assise. J?ai pensé un instant qu?elle avait dû en voir d?autres, et des plus lourdes que moi, même, peut-être.
Mais un instant seulement.
- Allonge-toi.
A-t-il dit en accrochant à sa main des larges boucles de corde, comme un marin qui prépare soigneusement son écoute.
Le même vertige, toujours.
Comme en haut de ce plongeoir de 10 mètres où je m?aventurais parfois quand un de ces idiots de garçons me lançait un « même pas chiche » qui m?obligeait à sauver mon honneur.
J?ai sondé ses yeux une dernière fois. Dans l?espoir impossible d?y lire une certitude, une assurance tous risques sans franchise cachée ni clause tordue.
J?ai vu son calme, sa concentration.
Son désir, aussi, pour ce qui allait suivre. Pour cet instant où le dernier n?ud serait serré. L?instant où tout changerait. L?instant du pas en avant à l?extrémité de la planche tendue au-dessus du vide.
Le reste?mystère. Aucun scanner pour lire l?âme dans le regard.
Lui-même, que voyait-il dans le mien ? A part la peur ?
Devinait-il ma faim, mon besoin de lui ?
Entendait-il mes suppliques, mes aveux impudiques ?
Ou ne voyait-il qu?une brune aux yeux fixes, qui se demandait ce qu? « allonge-toi » voulait dire ?
Deux inconnus aux portes d?un grand voyage.
Mon corps nu sur la table. La corde entre ses mains. Passeport pour le paradis.Ou l?enfer.
Ou les deux.
Une seule façon de le savoir.
Une seule façon d?éloigner ces souvenirs qui m?assaillaient d?une autre table, d?une autre corde.
Basculer en arrière. -
re-connexion 
Nous ne nous sommes jamais vraiment quittés. Rien ne sépare ceux qui s?aiment? surtout quand ils possèdent un téléphone qui capte internet :)
Mais cette fenêtre « publique » était fermée.
Et finalement, elle me manque.
Même si c?est plus confortable de n?être que spectatrice, même si le stylo me tombe des mains le soir, quand la fatigue m?assomme.
Mais le patronat scélérat et esclavagiste ne me musèlera pas !
Et puis?je vous dois bien ça. J?ai tant reçu pour avoir si peu donné, quelques mots de temps en temps, que je me sens débitrice. « Lourde de gratitude », allais-je écrire, avant de me souvenir des ces lignes de Gibran : « Et vous qui recevez - et vous recevez tous - n?assumez aucune charge de gratitude, de crainte d?imposer un joug à vous-mêmes et à celui qui donne. Elevez-vous plutôt avec celui qui donne, prenant son don comme si c?étaient des ailes. »
Des L, mais aussi des M, de N, de O, des P? j?ai tout l?alphabet pour vous dire merci.
Revenir?aussi pour qu?il puisse savoir que j?existe, celui qui me li(e)ra.
Celui qui m?a soufflé que c?est à moi de faire le premier pas.
Humblement, simplement. Comme une première épreuve.
Sinon comment pourrait-il deviner que je l?attends ?
Le rêve a besoin du verbe pour s?incarner.
A?B?C?D? j?ai tout l?alphabet pour tenter de lui donner réalité.
Un dernier mot pour vous alerter sur ce traité ACTA que l?Union Européenne a signé en catimini jeudi dernier, ce qui a entrainé la démission de l?eurodéputé Kader Arif rapporteur du projet auprès du parlement. Des manifestations ont aussi été organisées hier dans plusieurs villes de France et d?Europe, et une pétition circule, pour empêcher que le texte soit définitivement adopté en juin. Faites circuler l'info !
[faites tourner] ALERTE CITOYENNE: NON À ACTA... par partipirate




